Blog des Cultures et Origines, civilisations et sociologie

"Les nuages noirs passent à la vitesse de la lumière qu'ils cachent, ils passent comme des oiseaux de mauvais augure, la cour est grise et froide, la ligne est droite et jaune, elle sépare l'enfant du reste du monde.
« qu'as-tu fait, qu'as-tu dit éructa le corbeau,
- baisse tes yeux, regarde tes chaussures continua t il
- baisse tes yeux je te dis »
L'enfant ne pleure pas aucun cri ne sort de sa bouche ouverte ;
la chair des cuisses de l'enfant se zébra d'un trait rouge vif ! il faut dire pour le connaisseur que rien ne vaut une bonne badine de jonc bien sèche, si le coup est appliqué en un mouvement précis et sec, elle fait des merveilles.
« j'en ai maté des plus forts que toi
- baisse tes yeux » hurla le corbeau ;
celui-ci était le plus grand de tous les corbeaux, le plus athlétique, le plus jeune, le plus féroce.
L'enfant ne pleure pas aucun cri ne sort de sa bouche ouverte ;
Il s'approcha de l'enfant en tournoyant, sa grande robe noire faisant comme une corole funeste ; il prit l'enfant par les cheveux, ceux qui sont juste au dessus de l'oreille, l'amena sur la ligne jaune
« baisse les yeux » la bave sort de la commissure du bec de ce corbeau ; puis un autre, puis un
autre, les corbeaux sont trois maintenant.
La cour pleine de cris d'amusement des enfants est devenu vide et silencieuse, juste les cris des corbeaux.
L'enfant ne pleure pas aucun cri ne sort de sa bouche ouverte ;
« baisse les yeux » dit un troisième corbeau le visage écarlate, plutôt rondouillard et bonhomme mais maniant la badine comme personne.
« tu vois cette ligne et bien tu va te mettre juste dessus, tu ne dois pas la franchir, si tu la dépasse, deux coups de badines !! »
La ligne fait le périmètre de la cour, au-dessus les salles de classe ; donc tous les enfants voient, ta punition ; l'exemple ! Disent les corbeaux,
« rien de mieux pour mater les fortes têtes »
« Baisse les yeux ».
L'enfant ne pleure pas aucun cri ne sort de sa bouche ouverte ;
Deux heures et 20 coups de badine plus tard, l'enfant est accompagné par un corbeau plus gentil, plus doux, qui l'emmène dans un couloir gris et sombre ; c'est drôle ce corbeau est blond alors que les autres sont bruns ;
« alors mon enfant, que se passe t il »
au bout de ce couloir sombre, une porte, elle s'ouvre, le bel oiseau s'assoit derrière un bureau noir.
« Tu sais mon enfant, nous faisons cela pour ton bien »
- baisse les yeux quand je te parles »
-quand tu es arrivé, il a fallu te faire perdre ta sale manie de vouloir écrire avec la main du malin, maintenant tu écris avec la main du seigneur »
Le bel oiseau regarda l'enfant avec insistance,
« viens près de moi mon enfant »
Il passa la main dans les cheveux du garçonnet, l'attira plus près,
VLAN !
L'enfant ne pleure pas aucun cri ne sort de sa bouche ouverte ;
La porte ne s'ouvrit que 46 ans plus tard