De son vrai nom, Lucila Godoy, Gabriela Mistral est née le 7 avril 1889, dans la vallée d'Elqui, au nord du Chili. Elle gardera toujours au corps et au coeur, les beautés de sa région natale...Elle y fait d'ailleurs allusion, tout au long de sa vie d'artiste, avec cette "nostalgie" que le joli mot portuguais de "saudade" traduit parfaitement, tout comme le mot espagnol "la querencia".
Extrait de sa poésie: LA TERRE
"Nous dansons sur toi, Terre du Chili, Plus douce que roses, Plus douce que miel, Terre qui pétris Les hommes aux lèvres Et au coeur sans fiel.
La terre qui porte Les plus verts vergers, Terre la plus blonde De moissons sucrées, Ah, comme elle est douce Aux pieds qui la touchent !" (...)
Jamais, Gabriela n'oubliera le pain sacré de son enfance, en forme de "soleil, de poisson, de couronne" ( pas plus qu'elle n'oubliera l'eau, le vent, au goût de "sauge et de menthe sauvage" ): c'est l'essence même d'un réel chaleureux, simple, profond...Le pain lui rappelle le sein de sa mère, mais également les vallées de l'Elqui, de l'Aconcaqua, de Patzcuaro; et ce pain est aussi le pain de toute la terre; il lui restitue les pays visités, les amis disparus...
De 1918 à 1920, Gabriela est professeur au lycée de Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili. A la suite d'un concours ( Jeux Floraux ) où elle brille, les journaux lui ouvrent leurs colonnes, des revues la sollicitent. En 1914, paraîssent les cent poèmes du recueil "Désolation". En fait, son oeuvre en vers comprend trois volumes: "Désolation" ( 1922 ), Tala ( 1938 ), Lagar ( 1954 ). Gabriela est saluée, remerciée par les femmes, qui voient en elle un étendard, une garante. Les féministes lui sont redevables d'avoir évoqué la condition des femmes d'Amérique du Sud dès 1923 dans "Lecturas para Mujeres". Profitons-en chers pccistes, pour citer d'autres poétesses, du même continent, telles que: Maria Eugenia Vaz Ferreira ( uruguayenne ); Delmira Agustini ( uruguayenne ); Alfonsina Sforni ( argentine ); Juana de Ibarbournou ( uruguayenne ).
Extrait ( de Gabriela, la suite ): LA RONDE
"Où déviderons-nous la ronde ? La ferons-nous sur le rivage ? La mer dansant de tous ses flots Y tressera fleurs d'orangers,
La ferons-nous au pied des monts ? La montagne nous répondra, Ce sera comme si les pierres Se mettaient toutes à chanter,
La ferons-nous dans la forêt ? Elle va mêler voix à voix Et les chants d'enfants et d'oiseaux Vont se confondre avec le vent,
Notre ronde sera sans fin, Nous la ferons dans la forêt, Nous la ferons au pied des monts Et sur tous les bords de mer."
Gabriela consacre également des poèmes au "huemul", le cerf blanc des neiges, qui figure dans l'écusson de son pays: "Tu fendais le trèfle et l'avoine en fleur Des ronds de soleil semés Sur tes cornes et des gouttes De rosée à tes flancs..."
Une autre poésie ( pour la soif ) chers pccistes gourmets: ALOUETTES
"Posées sur la flaque de blé, Elles filent à notre approche Et la promenade est restée Comme déchirée de l'envol,
Dans les buissons, elles sont en feu, Dans les airs, de l'argent lancé, Passent avant que de passer Tranchent au vol ton cri de joie Et, de dessus l'aile du vent, Laissent tomber sur nous l'aubade...
Les yeux ne savent pas encore Que toute la bande est passée, Et jettent l'appel:- Alouettes ! A ce qui monte, se perd, chante,
Et dans l'air ainsi traversé, Elles nous laissent le regret Et le tremblement de surprise Vifs, en notre chair, notre âme...
Nous rencontrons les alouettes, Par cent, mon enfant, dans la plaine."
Gabriela nous touche par les thèmes qu'elle aborde : la nature, l'amour, l'enfance, la nostalgie, la passion du pays natal, etc. Nota-Bene: Elle choisit de prendre le pseudonyme "Mistral", par passion pour son poète favori, Frédéric Mistral...
<br />
Bonjour,<br />
<br />
L'image de Gabriela Mistral a été réalisée par Guidu Antonietti di Cinarca et est extraite de la revue en ligne Terres de femmes.<br />
<br />
Bien cordialement<br />
<br />
Angèle Paoli/Terres de femmes<br />
<br />
<br />